19 avril 2011

Chère consoeur, cher confrère, chers amis,

Nous vivons dans une île où les problèmes d'accès aux soins, du fait du contexte social, et la nécessité de développer les soins de premier recours ne font aucun doute. Seul MG France a une position très claire sur ce sujet

La négociation de la prochaine convention médicale a commencé, et les enjeux pour les années à venir de notre profession sont de taille !

Un consensus politique autour de l’accès aux soins ?

Notre système de santé n’est pas suffisamment efficient, il n’est pas efficace dans la lutte contre les inégalités de santé qui se creusent plus vite en France que dans d’autres pays. Face à ce double défi, la première mesure à prendre est de le recentrer sur des soins primaires accessibles à tous. C’est l’avis de tous les experts de la santé publique, en France, en Europe, à l’OMS.

Le Président de la République souhaite un véritable investissement sur la médecine générale de proximité. La demande des élus et de la population, est aussi de renforcer ou de restaurer l’accessibilité géographique et financière aux soins.

La négociation conventionnelle s’ouvre donc sur un mandat politique presque unanime, avec une obligation de résultat : améliorer l’accessibilité financière et géographique aux soins de premier recours de proximité.

Des propositions réalistes, avec un préalable : respect du contrat conventionnel donc de la retraite conventionnelle, donc de l’ASV

Pour répondre à ces demandes, MG FRANCE fait des propositions réalistes :
  • Un volet conventionnel métier valorisant la fonction de médecin généraliste traitant, seule moyen d’attirer les vocations et surtout les installations en médecine générale
  • La constitution autour des médecins généralistes d’équipes de santé de premier recours, libérales le plus souvent, interprofessionnelles toujours, construites autour d’un projet de santé
  • Un moyen de rémunération structurant, le forfait médecin traitant, en complément du paiement à l’acte, rémunérant les taches de coordination et de santé publique
  • La modernisation des formes d’exercice. Maisons de santé avec ou sans les murs, SISA, etc.. L’exercice regroupé avec partage des données de santé est une orientation stratégique majeure, dont l’initiative doit être encouragée à l’initiative des professionnels
  • L’intégration dans la convention de la rémunération sur objectifs de santé publique, nécessitant de produire des données de santé ambulatoires
  • L’amélioration de l’accès géographique aux soins en proposant aux équipes de santé de premier recours une valorisation de leurs rémunérations contre une garantie territoriale d’accès aux soins
  • L’amélioration de l’accès financier aux soins, par un parcours de soins à tarifs remboursés, un secteur optionnel et une vraie refonte de la nomenclature technique devant permettre une rémunération correcte des actes lourds faits en bloc opératoire et en salle d’accouchement
Un aboutissement incertain

Il existe sur ces sujets une quasi unanimité politique et citoyenne, et les initiatives professionnelles de modernisation ont déjà débuté ; les nouveaux modes de rémunération rencontrent un grand succès. Les chances d’aboutir restent cependant très incertaines. Pourquoi ?
Pour trois raisons : le temps perdu, les élections de 2012, la culture de la peur.

Pour le Médiator, il a fallu trente ans pour identifier et régler un problème qui a paru évident d’emblée dans d’autres pays. Pour la médecine générale, c’est exactement la même chose. Des lobbies gagnent d’autant mieux leur vie qu’ils empêchent le réinvestissement vital du système de santé français sur les soins de premier recours.
Leur position dans les lieux de décision, reste forte.

Elections en 2012 : la tentation est forte de mettre en place des engagements à effet différé, des décisions prises en 2011, mises en place en 2012, mais effectives ... en 2013. Et la tentation est forte aussi de voter des mesures inefficaces sur le terrain mais permettant de communiquer. Contraindre ne servira qu’à éloigner de l’exercice de ville les jeunes générations. Les empêcher d’être remplaçants est inefficace et contre productif. Le conservatisme ?

Les concepts traditionnels conçus à la fin du 19ème siècle ne sont plus, aujourd’hui, suffisants pour organiser un système de santé efficace, accessible, mutualisant le risque santé. Ce type de lobbying d’un autre âge dure depuis bientôt un siècle ! Il faut accepter aujourd’hui de mixer exercice libéral et contrat social conventionnel, avec de vrais objectifs de santé publique, et pas un simple habillage autour d’un accord tarifaire. Pour empêcher toute modernisation, certains ont la tentation d’utiliser la peur du changement : mais ne pas évoluer, c’est le contraire de la liberté d’entreprendre pour répondre aux besoins de santé de la population.

Tout ce qui a été mis en oeuvre dans le champ médical ambulatoire depuis 1990 l’a été contre l’avis de ce conservatisme qui emmène le champ libéral de la santé dans le mur de la réalité sociologique : pour le législateur, la tentation de la contrainte finit alors par l’emporter sur une gestion pragmatique et donc efficace des vrais problèmes.

Un syndicalisme de construction

MG FRANCE représente un syndicalisme de propositions qui, pour la plupart, ont été mises en oeuvre : la formation indépendante (FMC conventionnelle en 1990), la maîtrise des dépenses (1997, plan Juppé), la télétransmission (1999), le médecin référent (1997) puis traitant (2004), la spécialité de médecine générale (2002), sa reconnaissance tarifaire avec le Cs (mis en oeuvre malgré l’opposition des signataires de la convention de 2005, avec 4 ans de retard). Nous avons introduit en 2002 les forfaits et la modulation des actes selon leur contenu (nourrissons). Nous avons inventé les maisons médicales de garde (2001), puis les maisons et pôles pluridisciplinaires de santé (2007).

Pour toutes ces propositions, nous avons rencontré des majorités politiques, parfois des assemblées unanimes, pour assumer et porter les réformes que nous proposions. L’intelligence de l’avenir de la santé d’un pays n’a pas de couleur politique et aucune idéologie ne peut revendiquer le monopole de l’organisation la plus efficace.

Le problème de la rémunération lui n’est pas réglé. On a valorisé, avec notre soutien, les actes des spécialités consultantes (la valeur de l’acte a été doublée, le C2). On a valorisé une partie de l’activité en plateau technique lourd. Les actes techniques répétitifs (imagerie) sont depuis toujours survalorisés.

Les actes cliniques et l’activité de premier recours et de coordination ont été délibérément oubliés (publications de l’OCDE) : la rémunération des Généralistes, rapportée au temps de travail, est la plus faible des médecins en ville ; les dermatologues, pédiatres et endocrinologues gagnent un peu moins mais travaillent aussi beaucoup moins d’heures par semaine.
Comment, dans ces conditions, attirer les jeunes vers cet exercice à risque professionnel élevé, à durée de travail élevée (54 heures hebdomadaire hors garde) face à des carrières salariées, hospitalières très attrayantes ?

Une profession épuisée et désabusée

Aujourd’hui, notre profession est épuisée, à force d’être une profession raisonnable, les Généralistes en ont assez d’être financièrement punis et de faire une partie de leurs taches à titre bénévole. Seules les revalorisations des Généralistes sont conditionnelles avec une maîtrise strictement comptable qui a consisté à profiter de la baisse des indemnités journalières (2003-2005), puis du développement des génériques (lancés par MGF en 2002). Cette pseudo maîtrise médicalisée est en panne depuis 2007, et les Généralistes qui n’y sont pour rien, ont été les seuls punis par le blocage du C et le refus du Cs. Le résultat est connu : désaffection de l’exercice de ville en médecine générale, rupture démographique dans les zones rurales, et bientôt dans les périphéries des grandes villes, aggravées par des conditions d’exercices de plus en plus difficiles, et par un harcèlement croissant des caisses d’assurance maladie.

Et le discours qui nous est servi en 2011 par le directeur de l’UNCAM, c’est : « les caisses sont vides, je n’ai pas de marge de manoeuvre ! ». C’est inacceptable car ce n’est pas vrai, avec 225 milliards de dépense totale de santé il y a en France de quoi rémunérer correctement les médecins généralistes français comme le font les pays comparables aux nôtres en Europe. Sinon, nous continuerons à expliquer à la population et aux élus de proximité, que faute de passer des discours aux actes, « après nous il n’y aura plus personne ». Les Généralistes votent aussi avec leurs pieds : reconversion ou retraite anticipée, les alternatives ne nous manquent pas.

Des décisions urgentes

Les Généralistes font des efforts pour proposer des solutions concrètes. MG FRANCE est leur porte parole. Nous vous prendrons à témoin si la négociation n’apporte pas de réponses concrètes à nos propositions. Et nous reprendrons l’opinion publique à témoin si besoin est.

Nous savons et comprenons l’exigence de l’accès aux soins dont les usagers sont porteurs. C’est pourquoi nous avons besoin de votre appui pour pouvoir mettre en oeuvre des réponses concrètes à ces demandes, et pour peser sur le pouvoir politique pour qu’il nous entende.

D’après une lettre du Docteur Claude LEICHER
Président MG FRANCE



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Pour être entendus, il faut un syndicat de Généralistes fort:
apportez votre soutien en adhérant à MG REUNION !
Le montant de la cotisation 2009 est de 250 E
(120 pour les installés depuis moins de 3 ans, remplaçants, 80 pour retraités et étudiants)
[Bulletin d'inscription]
à envoyer au Trésorier José FLEURENCE 7 allée des Thuyas 97400 ST DENIS.


Merci de votre attention et bien à vous.
L'équipe de MG REUNION

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