31 janvier 2010

Chère consoeur, cher confrère, chers amis,

Fin 2009, dans quelle situation se trouve la médecine générale ?

La médecine générale : un métier magnifique qui reste mal-aimé. - Spécialité mal choisie, les jeunes médecins la boudent :
---- 25 % des postes restent vacants à l'internat,
---- 10 %seulement des internes en médecine choisissent l'exercice libéral.
---- Les quinquagénaires se reconvertissent s'ils le peuvent,
---- Les sexagénaires partent avec soulagement et plaisir à la retraite.

En termes de revenus, la médecine générale reste au bas de l'échelle des revenus malgré une activité hebdomadaire très importante : 54 à 64 heures pour un revenu horaire net de 26 E (métropole) !
Spécialité consacrée par la loi de 2002, par la filière universitaire de 2006, notre métier reste sinistré sur le plan de la rémunération et de la nomenclature Le FORFAIT médecin traitant (40 E), pâle successeur du forfait médecin référent, ne concerne que 7 % de nos patients de plus de 16 ans.

Fait historique, la valeur des actes de médecine générale est restée bloquée depuis - 1996 pour les IK 2002 pour les frais de déplacement (MD) - 2005 pour le forfait médecin traitant - 2007 pour le C, le Cs et le V
En 2009 la loi HPST a inscrit à notre demande les missions de la médecine générale de premier recours dans les textes. Mais cette loi comprend aussi des éléments, ajoutés par les parlementaires ou issus de leurs débats, péjoratifs (déclaration d'absence, règle des 30 % pour signer une convention, disparition des sections généralistes aux Unions) ou à risque (contrat santé solidarité rôle du pharmacien).

Quelle est la situation de l'accès aux soins en France en 2010 ?

La convention 2005 a institué le parcours de soins, mais un parcours à l'envers. Elle a généralisé et légalisé les dépassements d'honoraires.
Depuis 2005 la part du « reste à charge » des ménages augmente : forfait de 1 E par acte, franchise sur les médicaments, la biologie et les soins paramédicaux, dépassements d'honoraires. La liste est longue.
C'est un choix politique. Ce n'est pas notre choix.

Il nous faut donc d'abord défendre notre profession, bien sûr mais aussi maintenir un système de santé et de soins de premier recours accessibles à l'ensemble de la population. C'est l'autre objectif politique majeur que nous devons poursuivre.
Le financement de l'assurance maladie est notoirement et probablement délibérément maintenu à un niveau insuffisant : une augmentation de la CSG paraît inéluctable à moyen terme, mais elle est politiquement incorrecte actuellement. Il en résulte une gestion par le déficit qui justifie et rend « acceptable » par la population les déremboursements successifs.

Que devient la médecine générale dans ce paysage ?

Médecins traitants, nous sommes les soignants de l'ensemble de la population
---- Nous assurons 70% des prises en charges ambulatoires
---- Nous rencontrons en moyenne 5 fois par an chaque habitant de ce pays
---- Nous délivrons l'essentiel des prescriptions de produits, biens et prestations.

Nous sommes les vecteurs et médiateurs des soins .. mais aussi des réformes successives: rien ne se passe sans que nous ne devions commenter, critiquer, expliquer à nos patients.
    A commencer par les mauvaises nouvelles :
  • Consultations dont le remboursement au patient est « consommé » par le prélèvement des franchises et autres participations forfaitaires.
  • Déremboursement de certains médicaments
  • « Parcours de soins » incompréhensible,
  • Développement des dépassements d'honoraires chez nos correspondants, même à La Réunion où nous sommes pourtant protégés par un moindre nombre de praticiens de secteur 2...
Les tâches « non-soignantes » pleuvent ainsi que les demandes de justificatifs d'absence, les certificats en tout genre... Cerise sur le gâteau : parce que nous faisons tout cela, nous sommes littéralement harcelés sur le bizone, les prescriptions hors AMM, les arrêts de travail soi-disant injustifiés...

Trop c'est trop !

Ou bien les généralistes se lèvent ensemble pour marquer un coup d'arrêt à ce qui n'est plus un système de santé, mais un véritable cirque où chacun de nous prend des coups sans savoir ni d'où ni pourquoi.
Ou bien ce « cirque de la santé » se fera de plus en plus sans généralistes. C'est ainsi qu'à comportement égal, en 2025 nous ne serons plus que 23 000 généralistes au lieu des 54 000 actuels.
Le syndicat, ses cadres, et l'ensemble des médecins ont la responsabilité de réagir.

Qui a un problème ? Nous ou nos gouvernants ?

La menace sur l'accès aux soins n'est plus seulement un problème financier. C'est maintenant aussi un problème démographique. Dans certaines zones moins peuplées ou socialement difficiles, il devient compliqué de trouver un généraliste.

Que propose le gouvernement pour répondre à ces problèmes ?
  • L'avenant 20. Ridicule dans sa conception, il n'a rien résolu. 20% de bonus sur les actes, à condition d'être dans des zones désertiques et d'exercer en cabinet de groupe, n'intéressent personne !
  • L'obligation, voire la taxe de solidarité. Inefficace, les jeunes médecins ne s'installeront ni en zone sous dotées ni dans des zones à risque de taxe. Ils continueront à délaisser l'exercice libéral.
  • La déclaration d'absence. Le comble du ridicule dans un système où l'exercice libéral est la règle.
Qu'allons-nous faire ?

MG FRANCE est depuis 23 ans l'initiateur de toutes les réformes concrètes issues du terrain : médecin référent, combat tarifaire des généralistes sur le C à 100 F, organisation de la PDS avec arrêt à minuit, régulation libérale, majoration des actes des nourrissons, amélioration du tarif des visites, forfaits de garde, forfait référent devenu (mais mal) médecin traitant, combat pour la reconnaissance de la spécialité ...

L'UNOF a fini par s'en convaincre en changeant son titre pour devenir le syndicat des « spécialistes en médecine générale ».
Quelle révision déchirante pour ... la CSMF!

Voici nos objectifs à court terme :
  • Gagner, si possible et grâce à vous les prochaines élections. Largement
  • Proposer des outils politiques pour la médecine générale et les soins primaires : convention ou volet conventionnel spécifique à la médecine générale, direction des soins primaires au ministère de la santé.
  • Proposer des modes de rémunération adaptés: nomenclature spécifique et cotation de spécialité MG, forfait médecin traitant pour chaque patient, forfaits structurant l'exercice organisé.
  • Proposer d'étendre aux enfants le principe du médecin traitant, dès la naissance.
  • Proposer un vrai parcours de soins « à l'endroit ».
Pour y arriver il est temps de se rassembler, de se mobiliser et de reconstruire un rapport de forces. Le changement d'équipe à la tête de MG FRANCE a été le premier signe tangible de ce changement de stratégie.
Les généralistes doivent recommencer à croire en l'avenir de leur métier.
Ensemble nous allons changer la donne.
Ensemble nous allons montrer qu'il n'existe qu'une façon efficace de défendre la médecine générale: faire gagner MG France.

L'année 2010 est votre année. Elle sera ce que nous en ferons tous ensemble.

(Texte de Claude LEICHER, Président de MG FRANCE, un tout petit peu modifié par MG REUNION)

Pour être entendus, il faut un syndicat de Généralistes fort:
apportez votre soutien en adhérant à MG REUNION !
Le montant de la cotisation 2009 est de 250 E
(120 pour les installés <3 ans, remplaçants, 80 pour retraités et étudiants)
à envoyer au Trésorier José FLEURENCE 7 allée des Thuyas 97400 ST DENIS.


Merci de votre attention et bien à vous.
Dr Patrice HUMBERT
Secrétaire Général de MG REUNION

Page d'accueil du site
Page précédente