Chères consoeurs, chers confrères, chers amis,

Petite mise au point de MG FRANCE sur cette fameuse "taxe" et les scotomes mnésiques de nos collègues qui ont signé des textes et font semblant de les avoir oubliés...
MG REUNION s'associe bien sûr avec la vision de MG FRANCE et de son Président.

Dr Patrice HUMBERT
Secrétaire Général de MG REUNION



« Les mesures désincitatives ne sont pas opérantes »
Martial Olivier-Koehret - Gaëlle Desgrées du Loû
31 janvier 2009

Mis en cause par la Confédération des syndicats médicaux français (Csmf) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) qui l´accusent de « trahison », le président de MG-France, qui était reçu ce matin par Roselyne Bachelot sur le sujet explosif de la démographie médicale, explique sa position.

A dix jours de l´examen du projet de loi Hôpital, santé, patients et territoires (Hpst) qui sera discuté au Parlement du 10 au 19 février puis du 3 au 6 mars, Martial Olivier-Koehret réaffirme la « responsabilité » des médecins à prendre des mesures sur le plan démographique, responsabilité qui, si elle n´est pas assumée, aboutira à des mesures coercitives de la part du « politique ».

Egora : Dans quel climat s´est passé votre entretien ce jeudi matin avec la ministre de la Santé ?
Martial Olivier-Koehret : Notre entretien s´est passé dans un esprit de dialogue constructif. La ministre nous a écoutés sur l´ensemble de nos attentes et de notre analyse de la situation. Nous avons fait un tour d´horizon et constaté l´échec de la convention et l´incapacité à formuler des propositions.

Roselyne Bachelot vous a-t-elle confirmé sa volonté de mettre en place une pénalité financière pour les généralistes qui refuseraient d´adhérer au Contrat santé solidarité ?
Non, c´est un sujet qui a été abordé comme une éventualité. Un certain nombre d´éléments ont été explorés mais je redis de toute façon que les mesures désincitatives ne sont pas opérantes.

Vous faites donc marche arrière sur cette question de la taxe, à laquelle vous sembliez favorable ?
Est-ce que j´ai écrit cela quelque-part ?
Ce que j´ai dit, je le redis. Nous représentants de la profession, nous avons une responsabilité qu´il faut assumer et ces propositions sur la question de la répartition médicale doivent être consensuelles dans la profession. Nous le savons bien, si nous ne prenons pas de mesures dans ce sens-là, les politiques le feront à notre place et il y aura des mesures coercitives. J´ai plusieurs lettres de députés dans ce sens sur mon bureau.

C´est trop facile de la part de la Csmf qui a signé l´avenant 20 (qui prévoit qu´un bilan général sera réalisé dans le courant du premier trimestre 2009 pour permettre « aux partenaires conventionnels de décider des éventuelles mesures d´ajustement du dispositif, si les effets du présent avenant s´avéraient insuffisants, en appliquant des mesures de régulation complémentaires, le cas échéant financières, notamment dans les zones médicalement très surdotées, aux médecins conventionnés qui s´installeraient dans ces zones », Ndlr) de s´exonérer de sa responsabilité.

Le sujet principal n´est pas celui de la « taxe » comme veut nous le faire croire la Csmf. Le sujet, c´est que pour l´instant, aucun texte ne nous a été soumis de la part de Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l´assurance maladie.

Comment sortir de l´impasse et est-ce encore possible ?
Nous sommes pour un Contrat santé-solidarité ouvert. Ce contrat doit être porté par l´ensemble des médecins qui y adhèrera majoritairement et sur la base du volontariat. Toute mesure dure renforcera au contraire la crise de la médecine générale. La politique de droite et de gauche attend des réponses. Au lieu de cela, la Csmf veut mettre les médecins dans la rue et Van Roekeghem essaie de refiler le bébé au gouvernement. Ce n´est pas la peine d´essayer d´agiter le chiffon rouge, en lieu et place des mesures à prendre pour renforcer la médecine de premier recours. Le sujet principal reste celui-ci : revaloriser la médecine générale et arrêter l´hémorragie. Or pour l´instant, pas une seule proposition écrite n´a été faite en discussion conventionnelle. Au lieu d´enfin définir la médecine générale de premier recours et les différents niveaux de recours, on parle de la taxe.
C´est une absence de réponse à la préoccupation de la population qui veut avoir des médecins partout.
Si on ne répond pas tous ensemble et qu´on ne rassure pas les politiques, le gouvernement prendra des mesures coercitives. Il y a derrière tout cela une vraie manipulation de la part des syndicats qui ont signé l´avenant 20 et qui disent aujourd´hui non à la réforme. Je suis dans l´attente des propositions de l´assurance maladie.
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