les Etats Généraux de l'Organisation de la Santé
Pour MG-France, premier syndicat de généralistes, les Etats Généraux de l'Organisation de la Santé sont une chance pour le droit à la santé des Français.
Notre pays traverse une grave crise démographique des professions de santé. Cette crise est particulièrement marquée chez les médecins généralistes.
Les étudiants en médecine ne choisissent plus la médecine générale : en fin de deuxième cycle des études, 40% des postes de futurs généralistes sont non pourvus.
Plus de la moitié du peu d'étudiants qui choisissent de se former à la médecine générale, n'exercera pas en libéral et se tourne vers le salariat, notamment hospitalier.
Les médecins généralistes installés, « déplaquent » et quittent l'exercice libéral dans les zones difficiles. La moitié des médecins généralistes actuellement installés atteindra l'âge de la retraite à court terme.
Du fait de cette situation issue de dizaines d'années de non-choix, la présence d'un généraliste à proximité de la population n'est plus garantie aujourd'hui. Les zones fragiles démographiquement couvrent aujourd'hui 80% du territoire, rural, peri-urbain et même Paris intra-muros aujourd'hui inaccessible aux médecins généralistes secteur 1.
Les causes de cette désaffection sont connues et d'abord le manque d'attractivité de la médecine générale.
Choisir la médecine générale aujourd'hui pour un étudiant, c'est à niveau de formation universitaire égal, perdre 50% de revenus, c'est une absence totale de reconnaissance (la médecine générale n'est inscrite dans aucune loi), ce sont des horaires contraignants à plus de 60h hebdomadaires, pas de personnel dans les cabinets, pas de plateau technique.
Les mesures qui seront proposées par les Etats Généraux de l'Organisation de la Santé donnent l'occasion au gouvernement d'inverser la tendance et de restaurer la garantie du droit constitutionnel à la santé.
Devant la gravité de la crise, nous savons tous qu'une mesure ne suffira pas, il faudra plusieurs mesures et beaucoup de temps, donc de volonté politique pour affirmer l'existence et la pérennité de la médecine générale de premier recours.
La médecine générale de premier recours doit être présente sur l'ensemble du territoire. Toute la population doit être prise en charge, sans distinction sociale, ce qui est déjà le cas pour les médecins généralistes, pour la prévention comme pour les soins, y compris les pathologies lourdes insuffisamment prises en charge à domicile. Une garantie de réponse doit être donnée à la population pour ses demandes hors des heures d'ouverture des cabinets par la régulation libérale des appels.
MG-France, premier syndicat de médecins généralistes, considère que cette garantie territoriale, de santé et de réponse sur toutes les tranches horaires, fait partie de ses responsabilités.
Trois séries de mesures phares sont attendues des Etats Généraux de l'Organisation de la Santé :
- En premier lieu, l'inscription dans les textes légaux de la définition de la médecine générale de premier recours : C'est la prise en charge globale, habituelle de tout problème de santé d'une personne, dans son lieu de vie et son environnement.
Elle inclut la continuité, la synthèse et la coordination des soins, ainsi que l'éducation sanitaire, la prévention et le dépistage.
Elle est organisée par le médecin généraliste, en coopération avec les autres soignants de proximité (infirmiers, rééducateurs, biologistes et pharmaciens).
- Redonner aux étudiants le goût pour la médecine générale avec une meilleure organisation des stages de deuxième et troisième cycle et la titularisation des enseignants de la filière universitaire de médecine générale.
- Enfin, allouer à la médecine générale de premier recours, les moyens professionnels pour remplir ses missions. Rattraper le retard de revenus par le développement de rémunérations forfaitaires. Favoriser l'équipement des cabinets médicaux, personnel, informatique communicante, plateau technique de premier recours. Favoriser les regroupements pluridisciplinaires des acteurs de santé libéraux. Doter les maisons de santé pluridisciplinaires d'un statut et d'un financement pérenne
Avec 2500 sorties par an et 370 entrées dans les cabinets de médecine générale, d'aucuns pourraient penser que plus rien n'est possible. Avec le soutien et l'engagement des jeunes en formation, des représentants de patients et des partenaires sociaux, des médecins installés : l'espoir est là.
Mme Bachelot, Ministre de la santé, par son engagement aux Etats Généraux de l'Organisation de la Santé bénéficie de conditions uniques pour affirmer la présence de la médecine générale de premier recours sur tout le territoire et garantir le droit constitutionnel à la santé.
MG-France, premier syndicat de médecins généralistes, s'engagera pleinement dans la réussite des Etats Généraux de l'Organisation de la Santé.
Contacts :
Dr Martial OLIVIER-KOEHRET 06 18 45 90 36
Dr Thierry LE BRUN 06 85 83 64.10