Augmentation moyenne de 5 %
pour certains actes techniques
2 décembre 2007
Au 1er janvier, les médecins spécialistes bénéficieront d'une augmentation moyenne de 5 % pour certains actes techniques. Un pansement chirurgical coûtera même 30 % plus cher. Un coup dur pour les patients.
Pour les médecins spécialistes, le Père Noël est déjà passé. Dès le 1er janvier, nombre d'entre eux, urologues, rhumatologues, ORL, gastro-entérologues, proctologues, cardiologues, néphrologues..., vont bénéficier d'une jolie augmentation. En cause : le tarif des actes techniques et non celui de la consultation.
C'est la conséquence d'un discret accord signé le 20 novembre dernier entre l'assurance maladie et trois syndicats (CSMF, SML, Alliance).
Coût pour la Sécu : 25 millions d'euros. Pose de sonde, exploration de la trachée, arthroscopie... ce coup de pouce n'est pas négligeable : + 5 % en moyenne. Sur six mois, la hausse de certains de ces actes atteint plus de 30 % : 160,41 ? contre 120,85 ? en juin, c'est ce qui sera facturé désormais aux patients pour un pansement chirurgical en cas de brûlure à la tête et aux mains (+ 32,73 %). Le tarif de l'opération d'un abcès à l'oreille passant à 42,35 ? au lieu de 28,60 ? (+ 48,08 %)... Joli cadeau ?
Le directeur général de la Cnam, Frédéric Van Roekeghem, s'en défend : « Contrairement à ce que certains prétendent, cet accord n'a pas été signé en catimini. Il n'est que la deuxième phase d'un programme de rééquilibrage en trois étapes des tarifs des actes techniques approuvé en juillet par le gouvernement. Il y a des actes qui méritent d'être mieux rémunérés, d'autres moins. On augmente certains tarifs, on en baisse d'autres, cela a été le cas en septembre pour les radiologues. » Au final, en mai, quand toute cette opération sera achevée, « l'assurance maladie fera 15 millions d'euros d'économies », assure-t-il.
Cette revalorisation fait grincer des dents... « Au moment où l'on demande un nouvel effort aux assurés sociaux avec les franchises médicales, on revalorise les spécialistes, plutôt malvenu », remarque Daniel Lenoir, le directeur général de la Mutualité française. Pour certains, c'est clair : « Les spécialistes se sont dépêchés d'engranger des augmentations pour échapper au gel des tarifs avec l'entrée en vigueur de la loi de financement de la Sécu en 2008. »
Potion amère
L'an prochain, la règle du jeu va se durcir : toute nouvelle augmentation des médecins libéraux ne sera possible qu'à condition d'un « mieux » dans le trou de la Sécu. Les généralistes, qui s'attendent à faire une croix sur la hausse promise à 23 euros du tarif de leur consultation, s'estiment une fois de plus oubliés. « Visiblement, il y a de l'argent pour les uns, mais pas pour les autres.
On pleure sur les déserts médicaux, mais il faudrait peut-être aider les généralistes à s'y installer », déplore Martial Olivier-Koehret, patron de MG France.
Pour ceux qui n'ont pas de bonnes mutuelles, la potion risque d'être amère.