Vous avez dit "syndicalisme" ?

En deux ans et demi, les éléments essentiels qui règlent l'action syndicale pour les médecins libéraux ont été bouleversés. Cela oblige à repenser les finalités et les moyens de notre action.
Août 2004: la loi Douste-Blazy relègue aux souvenirs de l'histoire la co-gestion paritaire de l'assurance maladie par le patronat et les syndicat de salariés. Une véritable régie d'état est instaurée par loi. Son patron est nommé en conseil des ministres. Avec l'état, la négociation n'est plus la même et d'ailleurs est-ce encore une négociation? Le paritarisme de gestion conventionnel n'existe plus.

Décembre 2004, la loi de financement de la sécurité sociale par le biais d'un amendement parlementaire fait changer définitivement la convention et son cadre, en supprimant la notion de dénonciation de la convention par le directeur de l'uncam.
Une nouvelle convention signée avec les syndicats qu'il agrée, suffit à annuler la précédente. C'est l'acte 1 de la négation du fait syndical par l'état qui peut choisir lui seul avec qui il négocie et mettre fin à tout accord sans le justifier.

Décembre 2006, le gouvernement décide de dissoudre le suffrage universel en modifiant a posteriori la loi par l'amendement Vasselle et de limiter le droit d'opposition aux seuls syndicats qu'il choisit lui-même, rendant caduque le poids de 54% des votants.
C'est l'acte 2 du mépris complet du gouvernement et des parlementaires vis-à-vis du syndicalisme médical et des médecins libéraux.
Ainsi aujourd'hui, l'état choisit lui-même avec qui il signe, quelque soit le poids électoral de ses interlocuteurs, un accord qui n'est paritaire, et sur lequel il a seul le pouvoir de vie et de mort. Depuis la validation le 14 décembre 2006 de la loi de financement de l'assurance maladie 2007 par le conseil constitutionnel, plus rien n'est comme avant.
Le cadre législatif et conventionnel actuel, la conception du rôle des syndicats par le gouvernement ne permettent plus de réfléchir et d'agir comme nous l'avons fait depuis 20 ans.

Face à un interlocuteur qui méprise la notion de démocratie, qui dénie le fait syndical en n'attendant de lui que la signature des dispositifs qu'il fixe tout seul dans une mascarade de négociation, et à la veille de la double élection nationale du printemps 2007, n'est il pas légitime de se poser la question du sens, du cadre et des moyens de notre action syndicale?
La question est posée à MG France.

Mais quand le syndicalisme est dénié dans sa finalité, quand est commis sans vergogne un crime de lèse démocratie, c'est la société qui est interrogée sur la notion même de représentation des groupes professionnels et de son fonctionnement démocratique.

Vincent Rébeillé-Borgella
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