Médecine générale :
le désinvestissement
par le Dr Claude Leicher
vice-président MG France.
2006 année de la médecine générale, disait le ministre.
La réalité des chiffres dit l’inverse : à la fin du mois d’avril, l’évolution des honoraires remboursés pour les généralistes est de 0 %, tandis que celui des spés + 8,2 %.
Jamais depuis que sont publiées des statistiques, un tel écart n’a existé. L’assurance maladie désinvesti complètement notre métier à un moment où le politique prétend nous faire jouer un rôle central dans un système de santé réorganisé.
Sur 8 millions de patients en ALD, le nombre de forfait médecin traitant versés (à 99 % aux généralistes) sur une année pleine est de 4 millions: où sont passés les 4 autres millions ?
Et pendant ce temps ont disparus de nos honoraires 45 millions d’euro de forfaits PIRES.
Et 45 autres millions devraient disparaître (les forfaits référents).
Dès qu’il s’agit de notre rémunération, on est dans le virtuel, les promesses.
Tout cela le ministre le sait : il se tait, sans même le courage de signer un décret instituant la filière universitaire de médecine générale.
La surcharge de travail, médical et administratif d’un côté, le défaut de moyen de l’autre. En l’absence de multiplication des actes en médecine générale, il faut une revalorisation conséquente des actes et une extension des forfaits pour sauver économiquement notre métier.
La survie d’ un système de santé efficace et accessible à tous nécessite le réinvestissement culturel et financier dans la médecine générale. C’est aujourd’hui le travail de MG FRANCE de mobiliser autour de nous une coalition efficace pour mener ce combat à son terme.
Dr Claude Leicher
vice-président MG France.